Que disent la loi et les candidats sur les stagiaires et les apprentis ?

Thème de campagne récurrent, le développement de l’apprentissage figure dans les projets de l’ensemble des candidats. C’est l’occasion de mettre en perspective la situation de l’apprentissage en France et les propositions mises en avant avant l’élection.

Les contrats de stage et d’alternance sont souvent accusés de masquer de vrais emplois à temps plein mais beaucoup moins bien rémunérés. D’où la nécessité de les encadrer par la loi.

 

Infographie : T. CICERON

En 2017, si les stages ne sont plus au cœur du débat, l’alternance est un des sujets de la campagne présidentielle. La quasi-totalité des candidats souhaitent développer l’apprentissage. Mais ils ne sont que quelques-uns à s’inquiéter de la protection des apprentis.

Développer l’apprentissage : une lutte consensuelle

Alternance, apprentissage, quelles différences ? L’alternance et l’apprentissage désignent en fait la même réalité. L’alternance est un type de formation à la fois théorique et pratique : l’étudiant est à moitié à l’école, à moitié en entreprise. Mais les candidats à la présidentielle utilisent davantage le terme juridique d’apprentissage, qui renvoie à un type de contrat.

  • François Fillon se présente comme « le candidat de l’apprentissage ». Il affirme vouloir « faire de l’apprentissage une priorité ».  L’un des points phares de son programme serait ainsi
    « d’engager une mobilisation nationale des parents, des entreprises, des professeurs, des conseillers d’orientation et des régions pour revaloriser et développer l’apprentissage dès l’âge de 15 ans ». Mais aucune trace d’une meilleure protection de l’alternant.
  • Même chose chez Emmanuel Macron pour qui « l’apprentissage permet d’augmenter massivement les chances des jeunes de trouver un emploi ». Il souhaite également « rendre l’apprentissage plus attractif pour les entreprises comme pour les jeunes ».
  • Marine Le Pen et Jean Lassalle veulent proposer l’alternance dès 14 ans. Le second veut financer 300 000 nouvelles places tandis que Nicolas Dupont-Aignan se fixe l’objectif d’un million d’apprentis à la fin du quinquennat. Il souhaite également créer un label vantant les entreprises formant des apprentis. Même Benoît Hamon affirme qu’il « développera l’apprentissage » sans donner d’objectif chiffré. Enfin Jacques Cheminade souhaite créer un « Erasmus pro », un réseau européen qui permettrait à un million d’apprentis de se former à l’étranger.

La gauche radicale concernée par la protection des apprentis 

  • Philippe Poutou promet de rehausser le salaire des jeunes en apprentissage au niveau du Smic et de leur accorder des vacances scolaires.
  • Jean-Luc Mélenchon est également plus mesuré sur le sujet de l’apprentissage, qui « ne doit pas être la voie royale ». Dans un post sur son blog, il s’en prend d’ailleurs aux propositions de François Fillon qui « souhaite aligner le droit des apprentis sur celui des salariés ». Dans le viseur du candidat de la droite et du centre : la législation autour des apprentis mineurs. Aujourd’hui, la loi leur garantit deux jours de repos consécutifs, huit heures maximum de travail par jour, l’interdiction du travail de nuit et du temps partiel. Selon le candidat de la France insoumise, tous ces verrous sont menacés par le programme de François Fillon.

 

Martin Lange et Stanislas Meltzheim


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