Travail transfrontalier entre France et Belgique : chiffres et réalité

Pour 54 000 personnes, traverser la frontière franco-belge est un acte banal. Revue de ce qui a ou pourrait changer pour les navetteurs.

–       Pour les Français, travailler en Belgique est moins attractif : Selon les chiffres de 2011 de l’Insee, les Français employés en Belgique sont plus de deux fois plus nombreux que leurs voisins belges en France. Une situation due à un accord fiscal avantageux passé entre les deux pays, mais aboli pour les nouveaux embauchés français à partir de 2012. Avec la fin de cette situation, le nombre de Français à franchir la frontière devrait diminuer avec les années. Reste les salaires, plus alléchants en Belgique (30 % plus hauts en moyenne).

–       Les Flamands plus vraiment friands de francophones : Sur cette carte, on se rend compte que la zone transfrontalière belge est partagée entre partie francophone (province du Hainaut) et néerlandophone (province de Flandre occidentale). Olivier Berche, employé français en Flandre, explique que « dans notre entreprise, en tant qu’ouvrier, on doit au moins comprendre le flamand pour les ordres ».

Ainsi, des entreprises flamandes, à niveau de qualification égal, préfèrent maintenant choisir des ressortissants belges plutôt que français. « Dans les mairies flamandes, ils vous parlent flamand même s’ils comprennent et parlent le français », rapporte-t-il. L’exemple le plus médiatique est certainement celui de Menin : en 2012, la ville flamande avait interdit à ses fonctionnaires de parler français. Seule langue autorisée : celle des signes !

–       En cas de fermeture des frontières, pas d’inquiétude des navetteurs : Une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle ne changerait rien à la libre circulation à la frontière franco-belge. Dans le 24e engagement de son programme, la candidate du Front national précise que, malgré sa volonté de sortir de l’espace Schengen, « un dispositif particulier pour les travailleurs frontaliers sera mis en place pour leur faciliter le passage de la frontière ». Voilà pourquoi aucun des trois navetteurs contactés par Au charbon ne se disait préoccupé par l’évolution de son statut dans les prochains mois.

Jérôme Hereng


Ils passent la frontière chaque jour ou définitivement, lisez notre série : Travailleurs sans frontières