Fonctionnaires : tirs groupés sur le mille-feuille dans les programmes

En France, un membre de la population active sur cinq est employé de la fonction publique. Faut-il augmenter leur effectif ? Le diminuer ? Où couper, et comment ? Au Charbon vous résume les propositions des candidats sur le nombre de fonctionnaires.

 

INFOGRAPHIE : Victor Zammit

Emmanuel Macron propose de revenir au jour de carence et la facilitation des recrutements hors statuts de fonctionnaires « Il est possible de ne pas renouveler 120 000 postes de fonctionnaires, 70 000 venant des collectivités et 50 000 de l’Etat », détaille le candidat En marche  dans une interview fleuve accordé aux Echos le 23 février. Un cadrage budgétaire intervenu avant la publication de son programme, preuve de l’importance accordée par le candidat du mouvement En marche à la suppression du nombre de fonctionnaires. Pas un mot de cette fonte drastique des effectifs dans le programme d’Emmanuel Macron, qui évoque toutefois pudiquement la réduction du « millefeuille administratif ». Une baisse à laquelle s’ajoute un coup de rabot de 60 milliards dans le budget de l’État, dont 10 milliards à la charge des collectivités territoriales. Sur le sort des contractuels, Emmanuel Macron veut permettre aux collectivités territoriales de recourir plus largement au recrutement de droit privé et de recruter pour des postes d’encadrement hors du statut de la fonction publique. En matière de création d’emplois, il suggère 12 000 enseignants en primaire et 10 000 policiers et gendarmes.

Marine Le Pen estime qu’il « y a trop de fonctionnaires territoriaux » en France, et souhaite « redistribuer » ceux des régions et intercommunalités (qu’elle compte supprimer) vers les structures territoriales restantes. Elle annonce aussi des effectifs supplémentaires dans la fonction publique hospitalière, la police et la gendarmerie (15 000).

Et les autres ?

Chantre de la rigueur, le candidat des Républicains François Fillon prévoyait la suppression de près de 500 000 fonctionnaires sans toutefois préciser comment répartir ces suppressions entre fonction publique d’État et fonction publique territoriale. Parallèlement à cette cure d’austérité, François Fillon laisse entendre, à l’occasion d’une interview à la Gazette des Communes, qu’il souhaite réduire de 20 milliards le budget des collectivités territoriales. Un chiffre bien supérieur aux 7,5 milliards d’économie annoncé le 22 mars devant l’Association des Maires de France. Les proches du candidat ont depuis confirmé le chiffre initial de 20 milliards. Un rétropédalage illustré dans les colones de Libération

Attention à distinguer des fonctionnaires les salariés contractuels qui ne bénéficient pas de l’emploi à vie. Pour le candidat, faciliter leur recrutement permettrait aussi de limiter celui des fonctionnaires.

Benoît Hamon ne s’est lui, pas prononcé sur les effectifs des collectivités territoriales. Il a seulement annoncé vouloir combattre les 500 000 suppressions de postes de François Fillon. Il proposait des créations de postes : 37 000 dans l’éducation nationale, 5 000 dans la police et la gendarmerie, et plus de moyens pour certains services publics (petite enfance, inspection du travail ou services sanitaires).

     Pauline Porro et Marième Soumaré