Je rêve de… devenir pompier

Tous les enfants rêvent de porter leurs uniformes et conduire leurs camions. Ils sont la profession à laquelle les Français accordent le plus de confiance. Les sapeurs-pompiers font l’unanimité. Mais les rejoindre relève parfois du parcours du combattant, comme l’illustre la trajectoire d’Amaury Wallet, pompier volontaire qui souhaite devenir professionnel.

 

« Je veux devenir pompier depuis la 3e. » À 22 ans, Amaury Wallet n’a jamais voulu exercer une autre activité. Le déclic vient lors d’un forum des métiers, où on lui présente les caractéristiques de la profession. Un cadre à respecter, de l’action et la possibilité d’être utile aux autres, Amaury est séduit : « Je suis quelqu’un qui bouge tout le temps et je ne me voyais pas rester dans un bureau toute ma vie. »

« On m’a interrogé sur le FMI ! »

Le jeune roubaisien passe alors un CAP puis un bac pro sécurité et prévention afin d’avoir la meilleure formation possible pour passer le concours permettant de devenir sapeur-pompier professionnel. Ce concours n’a pas lieu tous les ans, mais seulement lorsque les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) décident de recruter de nouveaux candidats. Le dernier concours en date a eu lieu en 2013. Amaury prépare alors son bac. Il ne se sent pas totalement prêt : « Je ne voulais pas m’inscrire tout de suite mais j’y suis allé quand même sur les conseils de mon professeur. Avec le bac à passer en même temps, je ne me suis pas préparé au mieux… » Néanmoins, le jeune homme réussit sans trop de problèmes les épreuves d’admissibilité – une dictée et des exercices de maths -, puis les épreuves sportives. Mais il bute sur l’oral. « Ils veulent vérifier que tu as un peu de culture. Moi, on m’a interrogé sur le FMI ! Manque de chance, ce n’est pas un sujet sur lequel j’avais révisé. Il fallait 12,6 pour passer. J’ai eu 12,4. »

« Je suis comme une sorte de bouche-trou »

Suite à cet échec, Amaury se cherche pendant une année, qu’il qualifie de « transition ». « J’ai fait six mois de STAPS, puis j’ai travaillé un peu partout. » Tout en gardant son objectif initial dans un coin de tête. À la mission locale de Wattrelos, il entend qu’on recherche des emplois d’avenirs chez les pompiers. Cinq places, pour une centaine de candidats. Cette fois, Amaury se sent prêt : « J’ai passé le concours pour devenir pompier professionnel. J’avais donc un avantage par rapport aux autres candidats. » Le pari est réussi, et il devient auxiliaire à la caserne de Lille-Littré. « Il y en a très peu en France. Je suis comme une sorte de bouche-trou », s’amuse-t-il. « On me met là où il y a un manque d’effectif. » Avec ce statut, il travaille trois fois douze heures par semaine, payé au SMIC. Et le reste du temps, il est pompier volontaire à la caserne de Saint-André-lez-Lille. Par passion, puisque l’activité de volontaire porte bien son nom et n’est rémunéré que 76 centimes de l’heure.

Un métier où l’on ne recrute plus ?

Le CDD d’Amaury s’arrête en 2018. Il est heureux de son quotidien et il espère qu’il pourra être embauché en CDI. En effet, une partie des effectifs peut être recruté sans concours, après trois ans d’ancienneté comme volontaire. Mais il y a peu de recrutement. « C’est comme partout. On nous dit qu’il n’y a pas de budget pour recruter. Je connais des pompiers volontaires qui avaient réussi le concours en 2013, mais sont partis finalement dans la police parce qu’on ne leur proposait rien. » Amaury pourrait lui aussi rejoindre par défaut, la police où la gendarmerie. Mais quoi qu’il arrive, il restera pompier volontaire pour « garder un pied dedans. » En attendant, il profite au maximum de son expérience dans ce métier difficile mais excitant. « Il n’y a pas de routine. Chaque jour, tu sais que tu ne feras pas la même chose que la veille. »